“Ca sert à quoi d’être bombe A si c’est pas pour aller voir un mec, quoi?”

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 19, 2009 Under Chroniques

Trouvé sur un site dédié aux ados, parmi autres actualités people et pubs en tous genre:

Les (pas) “smoky eyes” (ridés) des féministes des années 70 en pleureraient…

Remarquez que, pour arriver au résultat, il n’en faut pas moins de 11 produits différents, tous fabriqués par la même marque sponsorisant le site, évidemment!

Bonne fin d’année et rendez-vous le 9 janvier!

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Enfanvironnement

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 12, 2009 Under Chroniques

Copenhage, réchauffement climatique, planète de demain, quel est l’effet sur les enfants de ce matraquage dont nous sommes abreuvés depuis des semaines (sans que ce soit pris comme un prise de position, le débat nous dépassant largement).

On pourrait croire que le premier objectif est la sensibilisation, l’éducation. Certes, mais les missiles médiatiques ne provoquent-ils pas des dégâts collatéraux?

Récemment, j’ai entendu P.Meirieu dire que,d’une enquête qu’il avait menée avec son équipe, il ressortait que 54% des enfants croyaient que la fin du monde aurait lieu avant la fin de leur vie (voir interview ici).

Please help the world COP15 opening film

Le film n’est pas traduit mais suffisamment explicite…

Si, comme H.Arendt le dit, éduquer, c’est porter la responsabilité du monde, il faudra nécessairement en passer par le FAIRE et pas seulement par le DIRE! Et ce n’est pas gagné!

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20 ans de droits de l’enfant (3)

Posted by Françoise Guillaume on Samedi déc 5, 2009 Under Chroniques

Les coordonnateurs sont les délégués des délégués d’élèves et, à ce titre, les premiers interlocuteurs pour défendre la cause des élèves pour les questions qui les préoccupent dans la vie de l’école.

« Madame, on voudrait demander de faire installer un distributeur de sodas dans l’école. »

« Vous savez que je ne suis pas vraiment favorable à votre cause mais vous pouvez préparer une argumentation pour la réunion générale des professeurs qui est l’instance qui peut prendre ce genre de décision dans l’école. »

« Mais pourquoi les professeurs? Si on fait un vote chez les élèves, le résultat est certain. »

« Oui, mais dans l’école, les décisions qui ont des conséquences pédagogiques ou éducatives sont du ressort exclusif de la réunion générale des professeurs, c’est écrit dans les statuts. »

« Bon, est-ce que nous pouvons y aller pour les convaincre ? »

« Oui, bien sûr. »

« Vous verrez que nous y arriverons ! »

Le jour dit, arguments pour (souvent par les élèves mais parfois aussi par les enseignants) et arguments contre (toujours par les enseignants) sont avancés :

« La consommation de sodas est mauvaise pour la santé, un distributeur dans l’école incitera inévitablement à en boire. »

« Mais toutes les études disent que les jeunes ne boivent pas assez et éduquer à une consommation raisonnable des sodas est aussi important que d’en interdire l’accès. »

« L’installation de distributeurs dans l’école augmente la circulation d’argent, introduit une forme de publicité présente en permanence dans un lieu de vie des jeunes. »

« C’est à l’école de prévenir les élèves contre les pièges de la publicité. Puis, s’il n’y a pas de distributeur, nous sortons de l’école et les boissons nous coûtent beaucoup plus cher que ce qu’elles coûteraient à l’école. »

« Les consommations achetées à l’école rapporteraient un peu d’argent à celle-ci qui pourrait ainsi améliorer son équipement ou son cadre de vie. »

Deux argumentations qui se tiennent chacune mais qui sont guidées par des motivations et des valeurs très différentes.

Après une heure de discussion acharnée, l’ensemble des professeurs a voté : contre le distributeur. Et pourtant, c’était une chaude après-midi de juin où un soda bien frais aurait été bienvenu ! (Extrait du livre: “L’enfant: petit homme ou petit d’homme?” ici)

Quel rapport avec les droits de l’enfant? Il s’agit, à mes yeux, d’un excellent exemple de l’exercice de la liberté d’expression, d’association prévue par la CIDE, tout en restant dans un cadre éducatif : le suffrage universel n’est pas l’équation réduite de la démocratie, l’argumentation a été vraiment entendue et la décision n’était pas prise d’avance mais remise en jeu dans le cadre clair de l’école.

Tout ce qui apparaît comme des détails est, en fait, capital: par exemple, si l’école est décidée à ne rien changer, inutile de laisser les élèves se démener pour construire un dossier. Ils ne feraient qu’en ressortir avec l’idée de “à quoi bon s’investir si c’était déjà décidé d’avance!”. On donne ainsi d’emblée une idée bien négative de la démocratie. De plus, organiser la discussion entre les enseignants et les délégués d’élèves montre à ceux-ci qu’ils n’ont pas un corps monolithique devant eux, que les adultes ont aussi des divergences de point de vue mais tout le monde se ralliera à l’avis de la majorité.

Dans des cas plus fréquent, où il est clair que l’école ne changera pas de position, il m’arrive  de rediscuter avec des élèves de telle ou telle règle. Ils ferraillent (souvent bien) pour faire valoir un autre avis que celui qui prévaut dans l’école. A la fin d’un dialogue quand chacun a exposé ses arguments, je clôture en disant: “Vous avez un raisonnement qui se tient, j’en ai un autre et c’est celui-là qui prévaudra parce que je parle au nom de l’institution qui a déjà bien réfléchi, collectivement, à ces questions.”

Il faut parfois répéter plusieurs fois cette dernière phrase, de plusieurs manières, pour faire accepter que la situation n’évoluera pas comme ils le voudraient, pour faire comprendre que ce n’est pas personne (eux) contre personne (moi),… Mais bon, si on ne veut pas expliquer, on ne doit pas exercer métier d’éducation!

Bonus: Un site particulièrement destiné à diffuser la CIDE auprès des enfants: Cyberdodo (pour la présentation en 3 min, c’est ici, pour les dessins animés sur les droits de l’enfant, c’est là). Qu’en pensez-vous?

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